← RessourcesFacturation électronique

Facture refusée : que faire, et dans quel ordre

Votre client refuse une facture. Le paiement s’arrête, et la réforme organise le rejet sans dire comment régler le désaccord qui suit. Voici les étapes, dans l’ordre, et ce que vous avez intérêt à conserver à chaque fois.

Un refus n’est pas un litige — mais il en devient un vite

Le rejet d’une facture est un statut : votre plateforme le reçoit, l’horodate et vous le transmet. Ce statut vous dit que la facture est refusée. Il ne vous dit pas pourquoi les deux entreprises ne sont pas d’accord, ni comment elles vont trancher.

C’est là que le dossier quitte les systèmes. Le comptable rappelle l’acheteur, l’acheteur renvoie le bon de livraison par e-mail, le commercial retrouve un échange dans sa messagerie. Trois semaines plus tard, personne ne sait plus qui a dit quoi, et la facture n’est toujours pas payée.

Les motifs de refus les plus fréquents

La plupart des refus ne portent pas sur le fond. Ils portent sur une pièce manquante ou une donnée qui ne correspond pas :

  • une référence de commande absente ou erronée ;
  • une quantité facturée qui ne correspond pas à la livraison ;
  • un prix unitaire différent de celui du contrat ou du devis ;
  • un destinataire ou un service acheteur mal identifié ;
  • une prestation contestée sur son exécution, et non sur son montant.

Les quatre premiers se règlent avec une pièce. Le cinquième est un vrai désaccord commercial : c’est celui qui dure, et c’est celui qu’il faut instruire.

Ce que vous pouvez faire, dans l’ordre

1. Lire le motif sur la plateforme, pas dans un e-mail

Le motif transmis par la plateforme fait foi entre les deux entreprises. Partez de celui-là. Un motif reformulé au téléphone puis recopié dans un e-mail est déjà une version, et une version se discute.

2. Séparer ce qui se corrige de ce qui se discute

Une référence absente se corrige : vous émettez une facture rectificative et le cycle repart. Une prestation contestée ne se corrige pas — la rectifier reviendrait à accepter la contestation. Traiter les deux de la même façon est l’erreur la plus coûteuse, parce qu’elle transforme un désaccord en geste commercial.

3. Rassembler les pièces au même endroit

Bon de commande, bon de livraison, devis signé, échanges qui ont précédé la commande : ce sont les pièces qui décident. Tant qu’elles sont réparties entre deux systèmes et plusieurs boîtes mail, chaque partie travaille sur un dossier différent du sien.

4. Poser les questions par écrit, et dater les réponses

Une question posée par écrit et une réponse datée valent mieux qu’un accord verbal, y compris quand les relations sont bonnes. Ce n’est pas de la méfiance : c’est ce qui permet de reprendre le dossier six mois plus tard sans refaire le raisonnement.

5. Acter la résolution des deux côtés

Quand les deux entreprises tombent d’accord, la décision doit être prise par les personnes habilitées, de part et d’autre, et conservée avec les pièces sur lesquelles elle s’appuie. Un accord dont il ne reste qu’un e-mail de confirmation est un accord fragile.

Ce qu’il faut conserver

Conservez le motif de refus tel qu’il a été transmis, les pièces échangées, les questions et leurs réponses avec leurs dates, et la décision finale. L’ensemble doit rester lisible par les deux entreprises, et pas seulement par celle qui l’héberge.

C’est le point que la plupart des organisations découvrent trop tard : si le dossier vit dans votre système, votre client n’y a pas accès ; s’il vit dans le sien, c’est vous qui n’y avez pas accès. Un dossier que l’une des deux parties peut modifier seule ne prouve rien à l’autre.

Qui tient l’historique du désaccord

Les réponses classiques existent : médiation, conciliation, expertise amiable. Elles fonctionnent, avec un tiers à payer et des semaines pour prix — un effort que peu de fournisseurs engagent pour une facture de quelques milliers d’euros.

En attendant, l’historique du désaccord vit là où chacun l’a rangé : votre système d’un côté, celui de votre client de l’autre, et des e-mails entre les deux. Aucune des deux versions ne pèse lourd devant la personne qui devra trancher, parce que chacune a été tenue par une seule des deux entreprises.

C’est ce que RIGA change : un dossier dont aucune des deux entreprises n’est l’hôte, où les pièces, les questions et les réponses s’inscrivent au fur et à mesure, et dont chacune conserve sa propre copie à la clôture, vérifiable avec un outil public et ouvert, sans compte chez nous.

Vous n’avez pas à donner accès à votre système d’information, ni à travailler dans celui de votre client.

Quand le désaccord dure

Au-delà de quelques semaines, un refus non réglé cesse d’être un problème de facturation. Il devient un sujet de trésorerie, puis un sujet juridique. À ce stade, ce qui compte n’est plus qui a raison, mais ce que chacun peut établir — et ce que chacun peut établir dépend entièrement de ce qui a été conservé au moment des faits.

Pour les règles applicables au rejet et au cycle de vie de la facture, référez-vous au guide pratique de la facturation électronique publié par la DGFiP, qui fait autorité sur les statuts et les obligations de chaque partie.